À l’occasion de la 59e édition de la fête nationale de la jeunesse qui se célèbre tous les ans, le 11 février, l’Association des Blogueurs du Cameroun (ABC) organise une campagne de blogging sur le thème : « souvenirs de jeunesse ». J’ai décidé de partager avec vous la première fois que j’ai exercé mon droit de vote lors d’une élection.
À l’aube de cette année électorale et vue l’effervescence qu’il y a autour, je ne peux m’empêcher de penser à la première fois que j’ai participé à l’élection présidentielle de 2011, alors que je venais tout juste d’avoir la majorité requise pour exercer mon droit de vote.
Mon père étant un homme politique, toute petite je l’ai vu à chaque élection, aller dans différentes régions et villages du Cameroun pour battre campagne pour son candidat. J’ai aussi »participé » à plusieurs réunions de préparation politique qui se tenaient à la maison. En effet, chaque réunion se terminait par un somptueux festin préparé par mes sœurs et moi malgré notre jeune âge. Je me souviens d’ailleurs très bien que nous n’avions même pas souvent l’occasion de profiter du festin, car ces hommes et femmes politiques, tout en discutant stratégie de campagne dans notre salon familial, finissaient le repas sans laisser une seule miette.
Mais revenons à notre sujet. Mon père avait pour tradition d’aller voter au village avec les membres de la famille en âge de le faire. Et quand mon tour fut venu, c’est tout naturellement que j’ai été embarquée pour respecter cette tradition.
la veille du jour de vote
La veille du jour de l’élection présidentielle, nous avions pris la route du village parce que les routes nationales sont généralement barrées la veille du vote jusqu’au lendemain à la fin du vote. Arrivée au village, mon père s’est directement rendu au centre de vote pour voir si tout était en ordre pour que les citoyens puissent voter aisément. Ensuite, il nous a rejoint autour du feu allumé dans la cour familiale où diverses discussions avaient lieu.
Le jour du vote
Je me suis réveillée ce matin-là toute excitée. Après avoir pris mon bain, je me suis rendue dans la cour familiale. Ça parlait de stratégie pour s’assurer que les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap puissent aisément participer au vote. Il a été décidé de mettre une voiture à leur disposition et le reste de la famille devait faire le chemin à pied jusqu’au centre de vote situé dans une des salles de classe de l’école du village qui n’était pas très loin de notre maison.
Mon tour est rapidement arrivé. Après avoir présenté ma carte d’électrice ; et vérifié que mon nom figurait bien sur la liste, j’ai été conduite dans une salle pour prendre les différents bulletins de vote et une enveloppe pour insérer mon bulletin choisi le moment venu. J’ai ensuite été dirigée dans l’isoloir. En m’y rendant je sentais bien que je vivais un instant solennel et important pour mon avenir. Le sentiment du devoir accompli après avoir voté et le fameux pouce bleu.

À la fin de la journée et de la période de vote, je suis encore restée car mes sœurs aînées étaient membres du comité de dépouillement. J’ai assisté à cette scène qui a d’ailleurs créé beaucoup de remous, et c’est là que j’ai compris l’importance de surveiller son vote.
Depuis ce moment, les choses ont bien changé notamment avec l’arrivée des réseaux sociaux qui ont amorcés un tournant pour l’élection présidentielle de 2018 (expérience que j’ai partager en parlant de l »impact des réseaux sociaux durant cette élection).
Cette année, je compte bien exercer mon droit de vote à nouveau. Mais je vais aussi mener une lutte acharnée contre les discours haineux grâce aux formations reçues à l’ABC et son partenaire Defyhatenow. Ces formations m’ont permis de recevoir les outils nécessaires pour mieux appréhender la déferlante de haine qui est déjà bien présente au milieu de nous.
Cet article est rédigé dans le cadre de la campagne d’articles de blog organisée par l’Association des Blogueurs du Cameroun, à l’occasion de la 59ème édition de la Fête Nationale de la Jeunesse.
